Jeudi 27 mars 2008
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Les roses d'Atacama
Une trentaine de portraits au hasard des rencontres de l'auteur et la finesse des évocations, la justesse des mots, l'exaltation des voyages pour une lecture à déguster comme
un Pomerol.
Les personnages cueillis dans l'histoire universelle composent un bouquet à la nostalgie discrète, au parfum de l'éphémère.
Le style sec, riche d'humanité, mais non dénué de pudeur, nous entraîne dans cette magie rare des contes de l'enfance, et on voudrait que ça ne s'arrête jamais.
Pas vraiment surprenant de la part d'un auteur qui ne doit son succés qu'à son talent. Jubilatoire.
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Lundi 28 janvier 2008
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"Cap au pire" Lecture par Sami
Frey.
Une démonstration de jusqu'au-boutisme ou l'art et la manière d'écrire sur le vide, à la poursuite du néant, pour se frotter au rien. Et de recommencer.
La quintescence des travaux de Samuel Beckett dans ce texte et tout le talent de Sami Frey pour suivre l'auteur dans cette quête obscure du pire. Dissection au scalpel, tant mal que mal,
comme un explorateur obstiné dans la maison de son cerveau. Une pire fois pour toute, tant mal que pis dans un blanc obscur... avec la
volonté de mieux rater...
Une heure de lecture sur le fil du rasoir. A déguster, suffocant, pénible, écorché, absurde comme un monochrome de Kasimir Malivitch.
Samuel Beckett ne reproduit pas le vide, il le rend visible.
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Lundi 14 janvier 2008
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"
Hic
Rhodus, hic salta..." C'est le moment de le prouver. Formule attribuée à Esope et reprise par Hegel et Marx. Elle pourrait être la pierre angulaire de ce livre...
Pendant la seconde guerre mondiale en Italie, Sergio jeune intellectuel communiste désargenté voudrait convaincre son ami Maurizio ancien partisan du fascisme d'adhérer au parti. Pour lui
prouver la force de ses convictions en l'idéal communiste, Sergio va jusqu'à lui offrir sa maîtresse.
Ce roman inachevé de Moravia dont on a découvert le manuscrit cinq ans aprés sa mort a pour singularité de décliner la même histoire en trois tableaux. On suit la réflexion de l'auteur sur le
thème de l'engagement au travers de ce triptyque qui forme un bel exemple de méthodologie romanesque, de cheminement vers l'écriture "juste" dans le style strict et épuré d'Alberto
Moravia.
Pour qui ne serait pas touché par la technicité et la "patte" de l'écrivain, ne négligeons pas celui-ci. Moravia a publié de son vivant de nombreux chef-d'oeuvres. Il serait dommage
de passer à côté du "Conformiste", des "Ambitions déçues", de "La désobéisance" et bien sûr du "Mépris", car toujours il excèle dans l'analyse fine de la faillite qui
menace l'individu dans le groupe social.
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Jeudi 4 octobre 2007
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Il fut un temps où tu étais si bien habillée
Tu balançais trois thunes aux clodos, dans ton bel âge
Les gens te disais fais gaffe poupée, tu vas te planter,
Tu croyais que tous se moquaient de toi, Tu t’en foutais
De ceux qui traînaient dehors
Maintenant tu la ramènes moins,
Maintenant tu fais moins la fière
D’avoir à supplier ton prochain repas
Ça te fait quoi ? ça te fait quoi…
D’être dans la rue
Comme une parfaite inconnue
Comme une pierre qui roule…
How does it feel
How does it feel?
To be without a home
Like a complete unknown
Like a rolling stone...
Vu la qualité des précédents travaux de François Bon sur les Rolling Stones, livre que j’avais dévoré, extatique et
friand de cette odeur de souffre qui émane des ateliers du Diable, la bio sur Bob « Zimmermann » Dylan qui sort ces jours-ci me fait des clins d’œil appuyés dès que je m’approche des
rayonnages. Il faut que je pense à me la faire offrir…
En attendant, je conseillerais sorti en 2005 chez Galaade Editions « Like a Rolling Stone – Bob Dylan à la croisée des chemins » par Greil Marcus.
L’autopsie d’un morceau dans le contexte social et politique contestataire de 1965… Rien d’autre qu’une révolution de six minutes, qui remet l’adage : Tout change, rien ne change, au
goût du jour.
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