Samedi 28 juin 2008
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08:55
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Un auteur finlandais à
découvrir.
Il y a décidément dans la littérature nordique des écrivains rares (Paasilinna, Jorn Riel) dont le style et le piquant sont bons pour la
santé.
Paasilinna est né dans les années 40. Aprés avoir pratiqué plusieurs métiers il se tourne avec bonheur vers des études artistiques.
Dans ce roman qui claque comme une bise glacée, Vatanen se lie d'amitié avec un lièvre. Ensembles, ils démarrent une quête vers le nord profond jusqu'aux confins de la Russie à la
poursuite d'une vérité qui est la leur.
Fuyant l'autorité, la bêtise des foules, les codes rigides, l'hypocrisie féminine ils improvisent leur nouvelle existence.
Pas de grandes théories, de détours inutiles, mais un livre tonique, sincére dont l'écriture authentique et finement ciselée d'humour a la qualité première de ne jamais se prendre au
sérieux.
A voir aussi du même auteur :
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Jeudi 22 mai 2008
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09:26
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Les éditions métailié spécialisées dans la littérature hispanique donnent à découvrir José Luis Sampedro (prononcer rossé...!), excellent
auteur Barcelonnais

.
Tout en finesse le catalan nous dépeint les derniers mois d'un calabrais de bois brut qui se fourvoie dans une ville du nord (Milan) et qui à la source
de la nouvelle vie de son petit fils Brunetto va trouver l'énergie de faire son devoir testamentaire. Il laisse en héritage un entrelac de racines aussi dérisoires qu'essentielles,
ce qui reste d'un homme dont le coeur faiblit, qui n'est plus que mémoire, mais qui garde toujours dans sa poche son couteau de berger...
A découvrir.
Chez Actes Sud et dans un autre style, une histoire à tiroirs dont le virtuose New Yorkais a le secret.
Les déboires d'un écrivain endetté et à la santé fragile qui brasse fiction et réalité comme un noyé qui se débat dans les flots d'un destin qu'il ne maîtrise plus. Magistralement
soupesé, le récit de Auster nous entraîne au coeur des problématiques de l'écriture : L'imagination n'est autre que le scénario du temps qui passe avant la mort, et peut-être sa génèse.
L'art et la manière d'écrire son propre destin...
Sans modération.
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Jeudi 27 mars 2008
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Les roses d'Atacama
Une trentaine de portraits au hasard des rencontres de l'auteur et la finesse des évocations, la justesse des mots, l'exaltation des voyages pour une lecture à déguster comme
un Pomerol.
Les personnages cueillis dans l'histoire universelle composent un bouquet à la nostalgie discrète, au parfum de l'éphémère.
Le style sec, riche d'humanité, mais non dénué de pudeur, nous entraîne dans cette magie rare des contes de l'enfance, et on voudrait que ça ne s'arrête jamais.
Pas vraiment surprenant de la part d'un auteur qui ne doit son succés qu'à son talent. Jubilatoire.
1
Samedi 15 mars 2008
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07:58
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Doit-on se méfier des auteurs à succès? En l'occurrence, c'est le cas.
Kennedy nous inflige la biographie de son héroïne, Hannah Buchan, et de sa famille (papa, maman, mari, enfants, meilleure copine de lycée) tout au long de la fin du XX°.
De 70 à 2003 en gros. Trente ans, sur 600 pages... ça tire en longueur... Même avec la meilleure volonté du monde, on finit par s'ennuyer. Hannah B., au gré de ses
réflexions intérieures, de ses revers de destin, de ses révoltes, et de sa petite famille finit par transformer cette pseudo saga en marmelade de bons sentiments. Les situations sont fausses, les
personnages sont creux, les émotions d'Hannah soporifiques de banalité. Le roman traîne les pieds dans un style convenu et politiquement correct. Tout à fait typique de ces
auteurs à gros tirage qui battent le fer de leurs à valoirs avec l'énergie désespérée de plaire à tout prix. Inutile et pathétique. Tiens, on dirait du Sullitzer sauce
barbecue!
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Lundi 28 janvier 2008
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07:38
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"Cap au pire" Lecture par Sami
Frey.
Une démonstration de jusqu'au-boutisme ou l'art et la manière d'écrire sur le vide, à la poursuite du néant, pour se frotter au rien. Et de recommencer.
La quintescence des travaux de Samuel Beckett dans ce texte et tout le talent de Sami Frey pour suivre l'auteur dans cette quête obscure du pire. Dissection au scalpel, tant mal que mal,
comme un explorateur obstiné dans la maison de son cerveau. Une pire fois pour toute, tant mal que pis dans un blanc obscur... avec la
volonté de mieux rater...
Une heure de lecture sur le fil du rasoir. A déguster, suffocant, pénible, écorché, absurde comme un monochrome de Kasimir Malivitch.
Samuel Beckett ne reproduit pas le vide, il le rend visible.
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Lundi 14 janvier 2008
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08:57
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"
Hic
Rhodus, hic salta..." C'est le moment de le prouver. Formule attribuée à Esope et reprise par Hegel et Marx. Elle pourrait être la pierre angulaire de ce livre...
Pendant la seconde guerre mondiale en Italie, Sergio jeune intellectuel communiste désargenté voudrait convaincre son ami Maurizio ancien partisan du fascisme d'adhérer au parti. Pour lui
prouver la force de ses convictions en l'idéal communiste, Sergio va jusqu'à lui offrir sa maîtresse.
Ce roman inachevé de Moravia dont on a découvert le manuscrit cinq ans aprés sa mort a pour singularité de décliner la même histoire en trois tableaux. On suit la réflexion de l'auteur sur le
thème de l'engagement au travers de ce triptyque qui forme un bel exemple de méthodologie romanesque, de cheminement vers l'écriture "juste" dans le style strict et épuré d'Alberto
Moravia.
Pour qui ne serait pas touché par la technicité et la "patte" de l'écrivain, ne négligeons pas celui-ci. Moravia a publié de son vivant de nombreux chef-d'oeuvres. Il serait dommage
de passer à côté du "Conformiste", des "Ambitions déçues", de "La désobéisance" et bien sûr du "Mépris", car toujours il excèle dans l'analyse fine de la faillite qui
menace l'individu dans le groupe social.
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Lundi 3 décembre 2007
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/2007
09:04
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"L'homme puissant est celui qui assume d'affronter ses pulsions en acquerant leur maîtrise au lieu de les refouler dans des attitudes de dénégations..." "Le faible s'affirme à
partir de la négation"... "La crise de la culture a lieu quand sa faiblesse devient prépondérante, elle devient alors une crise nihiliste..." "L'homme a besoin de ce qu'il y a de pire en lui pour
acceder à ce qu'il y a de meilleur..." F.Nietzsche
1882 à Vienne. L'éminent docteur Breuer se met en tête, par l'entremise de la manipulatrice Lou Salomé de "soigner" le professeur Friedrich Nietszche de son état dépressif et
migraineux.
Beaucoup plus difficile que ce qu'il n'y paraît... Breuer signe alors un pacte avec le génial et diabolique philosophe afin de curer le mal à la racine. Il s'implique dans une analyse
qui pourrait marquer la naissance de la psychanalyse moderne. Le docteur Freud encore jeune étudiant n'est pas très loin de ce duel d'esprits forts.
Irvin Yalom réussit le tour de force de gentiment vulgariser. Il rend la cure de Nietszche haletante, dense, et ludique. On ne tombe jamais dans les poncifs ou le jargonnage
épineux, l'affliction ou le pathos. On (re)découvre la puissance des théories du philosophe allemand. Nietzsche, trés en avance sur son temps, a eu le courage de sacrifier sa raison à ses
préceptes. Celà vaut bien quelques larmes...
Un livre passionnant que l'on a du mal à reposer.
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Samedi 27 octobre 2007
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/2007
14:00
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Dans une
petite ville de l'Alabama, au moment de la Grande Dépression, un père élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Intègre et rigoureux, cet avocat est commis d'office pour défendre un Noir accusé d'avoir violé une blanche. Celui-ci risque la peine de mort...
Belle histoire à la gouaille enfantine. Les problèmes de ségrégation vus à travers les yeux d'une petite fille de huit ans confrontée au racisme, aux préjugés, aux
mensonges.
C'est à la fois lourd et léger, naïf et malin... On y trouve les vertus d'un vrai roman intemporel, Harper Lee manie le scalpel et fouille l'âme humaine, sans avoir du tout l'air d'y
toucher. Evidemment c'est une fillette qui raconte...
Harper Lee reçoit pour ce roman qui fait partie des plus grands best-sellers du XX°siècle, le prix Pulitzer en 1961. Elle n'a plus jamais rien publié. Une grande dame.
" Mrs Dubose était une vraie teigne. Lorsqu'elle entendit un jour Jem parler de mon père en l'appelant Atticus, elle faillit avoir une attaque d'apoplexie. Elle ne se contenta pas de
dire que nous étions les demeurés les plus insolents et les plus irrespectueux qu'elle n'ait jamais vu, mais ajouta qu'il était tout à fait regrettable que notre père ne se soit pas remarié après
la mort de notre mère..."
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Mardi 16 octobre 2007
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/2007
15:48
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Cooper passe sa vie à
attendre sa soeur. Il n'ose plus bouger. Il en perd le boire et le manger, le sommeil et le boulot. Un inceste platonique tragi-comique qui n'est pas sans rappeler le sulfureux "Lolita" de
Nabokov (qui lui ne l'était pas platonique...)
De toute façon, un petit bijou d'écriture. Une plume alerte qui observe sans juger, à petites touches, et qui finit par nous rendre Cooper, ce serial looser, encombré de
naissance, cyclothymique qui tourne en rond dans un amour réprouvé, presque attendrissant. Patrick Lapeyre s'amuse... nous aussi.
" Si la vie est un banquet, Cooper s'en ira le ventre vide..."
Allons Cooper on ne tombe pas amoureux de sa soeur...
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Jeudi 4 octobre 2007
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Il fut un temps où tu étais si bien habillée
Tu balançais trois thunes aux clodos, dans ton bel âge
Les gens te disais fais gaffe poupée, tu vas te planter,
Tu croyais que tous se moquaient de toi, Tu t’en foutais
De ceux qui traînaient dehors
Maintenant tu la ramènes moins,
Maintenant tu fais moins la fière
D’avoir à supplier ton prochain repas
Ça te fait quoi ? ça te fait quoi…
D’être dans la rue
Comme une parfaite inconnue
Comme une pierre qui roule…
How does it feel
How does it feel?
To be without a home
Like a complete unknown
Like a rolling stone...
Vu la qualité des précédents travaux de François Bon sur les Rolling Stones, livre que j’avais dévoré, extatique et
friand de cette odeur de souffre qui émane des ateliers du Diable, la bio sur Bob « Zimmermann » Dylan qui sort ces jours-ci me fait des clins d’œil appuyés dès que je m’approche des
rayonnages. Il faut que je pense à me la faire offrir…
En attendant, je conseillerais sorti en 2005 chez Galaade Editions « Like a Rolling Stone – Bob Dylan à la croisée des chemins » par Greil Marcus.
L’autopsie d’un morceau dans le contexte social et politique contestataire de 1965… Rien d’autre qu’une révolution de six minutes, qui remet l’adage : Tout change, rien ne change, au
goût du jour.
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