Qui suis-je?

 

 Guitariste de Zebda de 1988 à 2003, j'ai sorti en Janv 2007 aux éditions danger public un récit sur cette expérience humaine et musicale. J'anime aujourd'hui des ateliers d'écriture, je travaille sur un deuxième roman, je publie des nouvelles sur cet espace.

J'ai toujours eu la passion des livres... 
Ce blog est fait pour parler de lectures, pour apporter un regard ou des opinions sur la culture en général et sa place dans la société.

Les billets de bonne ou de mauvaise humeur, les coups de gueule sur l'actualité sont aussi les bienvenus...

 

Des livres

Irish.jpgsweig.jpgdjian.jpg  chandler.jpgkundera.jpgbombard.jpg

Lundi 5 janvier 2009

Publié dans : pascal.cabero


Un petit conte de Noël.
Je ne devais pas avoir plus de sept ou huit ans quand je fus invité à un séjour à la ferme par un oncle lointain. L'homme et ma tante, malgré une certaine rudesse, étaient des gens d'une grande bonté.   Je m'en souviens comme si c'était hier. J'avais immédiatement trouvé ma place sous leur toit. Leurs sentiments étaient rustres comme la charpente de leur vieille ferme, mais ils étaient solides et sans ostentation. Je me suis aussitôt intégré au décor des pécores.
 A la fin du séjour, oncle Archibald me mit dans les bras un porcelet rose et tremblant, d'à peine quelques jours en me disant : - "Voilà magnac, ça te fera toujours un petit souvenir à ramener à la ville..."
 L'animal était si vulnérable, son oeil était si humide, que je n'eus pas de mal à convaincre mon père de le ramener à la maison.
 Comme ma mère ne voulut pas entendre parler d'un cochon dans son salon, j'installais la bête (que j'avais prénommé JERZY) dans un petit appentis du jardin. J'allais le voir souvent. Tous les jours. Dès que possible... et lui confiait, avec cette candeur enfantine qui nous fait tant défaut à nous les adultes, tous mes secrets d'enfant. JERZY et moi sommes devenus les meilleurs amis du monde. Il semblait me reconnaître et me prodiguait toujours une tendresse bourrue qui m'allait droit au coeur. Surtout lorsque je lui apportais sa nourriture. C'est qu'il mangeait beaucoup le JERZY, comme quatre...!
 Le monde des enfants est fait de bonheurs simples, j'avais trouvé là un authentique compagnon que je rejoignais au plus vite en sortant de l'école.Tout à mon innocente amitié avec le pourceau, tout à nos jeux et à nos confidences, je ne m'aperçus pas qu'il avait multiplié son poids par dix et qu'il ne rentrait plus que difficilement dans l'abri où il gambadait encore quelques semaines plus tôt.  Mon père alerté par cet état de fait, prit moultes précautions pour m'annoncer que nous allions devoir nous séparer de JERZY. Je ne voulus rien entendre. Moi qui était jusqu'alors d'un caractère facile et obéissant, j'hurlais pour la première fois à l'injustice et à l'abus de pouvoir. Un délai me fut accordé. Mais Jerzy continuait de grossir. Et ceci de manière indécente. Puis un jour les voisins vinrent se plaindre de l'odeur qui se levait de l'appentis lorsque le vent était défavorable ou qu'il faisait de grosse chaleur. Cette fois, mon père ignorant mes supplications se résolut à emporter JERZY.
 Moralité : "Et père y colle au zoo c' porc JERZY"
 J'en fus terriblement attristé. De ces chagrins d'enfant dont on dit qu'ils sont les plus purs et les plus renversants... 

 BONNE ANNEE à tous...
 
Ecrire un commentaire
Voir les 2 commentaires
Retour à l'accueil
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus